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janvier - février 2023

Exposition galerie Bessières

L'exposition réunit les oeuvres de 36 artistes

J. Baier, A. Bianchi, P. Bloch, B. Boyer, L. Brett, Buraglio, F. Chalendard, M. Charvolen, C. Chotycki, P. Compagnon, D. De Beir, J. Degottex, D. Demozay, M. Devade, N. Dolla, X. Escriba, S. Fauchier, I. Ferreira, Hessie, S. Hestnes, A. Lambilliotte, S. Maas, A. Martin, J-M. Meurice, F. Paressant, J-P. Pincemin, F. Prat, S. Renaudie, P. Saytour, F. Schmitt, A. Siard-Brochard, P. Soulage, P. Tual, S. Turpin, A. Vasseux, C. Viallat.

Nombre des démarches qui ont émergé à la fin des années 60 sont parties d’une critique radicale de l’exercice la peinture, de sa doxa, de ses outils et supports traditionnels. Cette volonté d’une «tabula rasa» méthodologique et technique a impliqué une déconstruction de ce qu’étaient les normes de la peinture et de la sculpture.
Cette décomposition des geste et des supports a été de paire avec la volonté de récuser les hiérarchies entre les matériaux, de dissocier les constituants de la peinture pour instituer chacun un territoire d’investigation autonome, de libérer la toile du châssis, de s’émanciper de la forme tableau.
On réduisit la peinture a une forme élémentaire, bande verticale ou horizontale, cercle noir ou empreinte de pinceau (BMPT).
On ne considérait plus le tableau comme l’aboutissement nécessaire et obligé.. on s’est distancié d’une outrance expressive sans s’interdire l’intensité, on a découpé, tissé ou nouer.
On s’est réapproprié des savoir-faire, des techniques et des procédés empruntés aux pratiques archaïques, (Supports-Surface) ou des matériaux très éloignés de ceux légitimés par l’institution. Le chevalet fut rangé dans le grenier.
On a parfois pratiqué la peinture en délaissant les pinceaux. Cela a ouvert des voies multiples, de nouvelles façons de penser et de pratiquer la peinture et la sculpture. Certains depuis sont retournés au tableau sans pour autant mépriser ce que ce bouillonnement avait apporté de nouvelles opportunités et moyens, d’autres, sans forcément revenir au tableau, ont introduit des éléments de composition par le biais du collage ou une certaine luxuriance de la couleur.
Les expériences des radicalités russes des années 20, quelques anticipations comme les «blancs» de Bellegarde, les gestes essentiels de Y. Klein, R. Hains P. Manzoni et L. Fontana ou encore la rupture introduite par l’art américain, de J. Pollock à H. Frankenthaler C. Still ou M. Louis, et pour la sculpture de D. Smith à T. Smith en furent quelques un des sous-bassements .
Mais comme dans tout bouleversement les pratiques se stabilisent et des mutations surgissent.
Quelques années plus tard, Catherine Millet intitulait son exposition Baroque 81 inscrivant dans l’énoncé même de cette manifestation son intuition quant aux évolutions qu’un certain nombre des protagonistes du bouleversement allaient connaître.

Philippe Cyrounik



 

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